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Denis, Est-ce que tu habites Jupilles ? Est-ce que tu es investi depuis le début dans le projet ?

 

Oui j’habite Jupilles et je suis investi depuis le début dans le projet. J’ai une entreprise de bâtiment, spécialisée dans la rénovation donc c’est moi qui ai estimé la valeur du bâtiment et avec deux autres personnes qui l’ai négocié avec les vendeurs.

J’ai des parts dans la SCI et je suis bénévole dans l’association.

Est-ce que tu venais ici avant la Brass vie ?

 

Je venais déjà, même si je ne suis pas un fan de café, mais un fervent défenseur des commerces (… et des cafés parce que ce sont des lieux de rencontres).

J’ai fréquenté le Saint-Jacques et celui qui existait en face quand je suis arrivé ici à 17 ans.

    Denis

    Que représente la Brass vie pour toi ?

     

    C’est un café qui n’est pas comme les autres. Ça représente une insertion, un mixage de population que je trouve hyper important.

    Moi qui suis assez carré dans mes choix de vie (parce que dirigeant d’entreprise), ça m’a permis de dialoguer. Je connaissais déjà une bonne partie des habitants qui fréquentaient ce café, mais dialoguer me permettait de mieux comprendre des gens qui n’étaient pas du tout de mon milieu professionnel et social. C’était très intéressant.

    J’ai changé grâce au contact des gens et du café et je trouve que ces gens là ont aussi changé grâce au contact d’autres personnes.

    J’ai une approche différente, très professionnelle, je sais que la gestion d’une entreprise est très difficile dans nos milieux ruraux. Ces gens ont changé au contact de la gestion.

    De voir que ce n’est pas rentable économiquement de servir trois cafés dans la matinée, ils se sont rendus compte qu’il y avait un autre regard à avoir sur ceux qui tiennent un petit commerce.

    C’est facile de dire ils ne font pas ce qu’il faut, mais est-ce qu’ils peuvent faire autrement ?

     

    Tu as beaucoup aidé pour les travaux ?

     

    Oui, je suis conducteur de travaux indépendant spécialisé dans le bâti ancien. J’ai supervisé une bonne partie des travaux et j’en ai fait.

    J’ai formé des gens au chanvre, à l’enduit plâtre et on a fait ensemble.

    Tu as des projets pour le café?

     

    J’attache une importance à vraiment soigner le social, l’attention aux autres, l’attention à la différence. C’est ce que je m’efforce de rappeler sans être donneur d’ordre.

    Faire attention aux propos qu’on tient, comment on formule nos idées pour que ce soit avec le plus grand respect pour tout le monde.

    Comme je disais, c’est vraiment ce que j’ai beaucoup apprécié dès le début.

     

    On a une approche de vie très différente avec Yoan. Je suis un ancien militaire, fils de militaire, je ne veux pas voir de tête dépasser, c’est ma culture et j’ai beaucoup évolué par rapport à ça.

    Je trouve que ces gens là ont aussi bougé quand je leur disais « oui mais il faut aussi des règles ».

     

    Le débat de l’ouverture ou de la fermeture du café pendant le covid a été un gros débat. Je me suis posé plein de questions. J’ai cherché des solutions, je n’ai pas trouvé les solutions.

    Je respecte les gens qui ne veulent pas se faire vacciner, je respecte les gens qui ne veulent pas contrôler les autres.

    Il faut arriver à avoir cette acceptation de la différence et il faut être vachement vigilant aux propos qu’on tient et à la façon dont on formule nos points de vue.

     

    Et ça se passe relativement bien.

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    Je suis très content qu’on est fini les travaux de l’étage pour le passer en ERP, pour faire des activités comme le café philo ou pour les enfants.

    C’est bien que les personnes qui ne se sentent pas très à l’aise au milieu du bar et des adultes qui boivent aient un lieu un peu plus calme.

    On est victime de notre succès, quarante personnes sont autorisées dans le bar. Quand toutes ces personnes discutent c’est un peu bruyant.

     

    Je fais partie des dix-vingt personnes du début qui ont acheté le Saint-Jacques.

    Au départ, dans mon esprit, c’était d’abord d’essayer de sauver le commerce. Peut-être qu’un jour, il serait revendu par un professionnel qui reprendrait le flambeau. Mais plus j’avance et plus cette idée ne me convient plus et je crois que si on a l’énergie tous ensemble de continuer comme ce qu’on a fait depuis trois ans, il n’y a pas de raison pour que ça ne dure pas quinze, vingt, trente ans.

    Pour moi au départ c’était un sauvetage mais je ferais tout ce qu’il faut aujourd’hui pour pérenniser ce qu’on a fait depuis trois ans.

     

    En effet, au début on avait envie d’embaucher un salarié et très vite on a abandonné l’idée parce qu’on avait peur que ça créer des tensions entre bénévoles et salarié. Je n’était pas d’accord, mais aujourd’hui, je crois que c’est une très bonne idée.

    Il faut que ça reste un bar associatif, bénévole avec un mixage de la population même s’il y aura toujours des gens pour dire que ça ne leur plaît pas.

    Voir Aussi: