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Stimuler la réflexion grâce au désir mimétique

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La première chose que je leur demande c'est de réfléchir. Cette réflexion va beaucoup plus vite s'ils sont quatre ou cinq par table en face à face pour qu'ils puissent faire des croquis, les partager et pour qu'ils se copient aussi.

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On voit aussi qu'une rivalité peut se mettre en place dans ce désir mimétique et,

si on ne la maîtrise pas, elle peut engendrer de la violence. 

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Hubert Izaute
Partie 2

À travers son enseignement et la pratique des arts visuels, Hubert Izaute comprend et se réapproprie les processus du désir mimétique.

Il l'utilise comme outil pédagogique afin d'inviter les élèves à faire société en se copiant et en se stimulant les uns et les autres.

Enseigner les arts plastiques au collège

L’enseignement des arts plastiques est un professorat particulier. Le geste artistique est souvent transgressif et il faut qu’on arrive à l'enseigner, alors que le collège est un lieu du cadre fort et de la règle à respecter.

 

Le scoutisme a été important pour moi pendant toute ma période lyonnaise. C’était une alternative à l’école que je n’aimais pas trop.

Plus tard, il a sans doute été un fondement pour ma pédagogie car le scoutisme c’est l’apprentissage par les plus grands, l’imitation des aînés.

L’apprentissage par le désir mimétique

Le deuxième acteur qui a changé ma vie c’est René Girard.

Dans les années 80, il découvre le désir mimétique.

 

L’enfant dès sa naissance va imiter. Cette imitation peut devenir source de rivalités. Quand la rivalité arrive, la violence arrive car à partir du moment où celui que l’on veut imiter devient un rival, cela devient violent.

 

En même temps, l’éducation c’est apprendre aux élèves à être le plus mimétique possible.

Mes classes sont inclues dans ce processus et elles apprennent les enjeux du mimétisme.

C’est la mutualisation qui m’intéresse et c’est pourquoi les élèves travaillent en face à face dans mon cours. Pour qu’ils s’observent et se copient.

 

En effet, mon enseignement des arts plastiques se limite à une heure par semaine et je me dis que pour que les élèves progressent le plus possible, il faut essayer de rendre cette heure la plus efficace possible et donc, ils doivent mutualiser tout ce qu'ils peuvent trouver comme réponses aux questions que je leur pose.

 

Le principe du cours c'est que je pose une question relativement ouverte et ils doivent trouver des réponses plastiques.

 - Par exemple: Comment rendre visible la musique?

Cette réponse semble à priori impossible, la musique étant du domaine de l'auditif et les arts plastiques du domaine du visuel. 

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La première chose que je leur demande c'est de réfléchir. Cette réflexion va beaucoup plus vite s'ils sont quatre ou cinq par table en face à face pour qu'ils puissent faire des croquis, les partager et pour qu'ils se copien. À partir du moment où ils se copient, ils s'imitent, mais c'est une imitation qui les fait avancer car ce n'est pas parce qu'on se copie que l'on fait exactement la même chose.

 

Quand on imite, on peut aussi proposer quelque chose de neuf, mais il peut aussi y avoir des tensions. Les élèves peuvent dire:

- "Ah! Monsieur, ils copient!"

Je réponds que c'est très bien. Ça veut dire que ce que tu fais leur donne envie de copier. C'est donc ça le désir mimétique.

 

On voit aussi qu'une rivalité peut se mettre en place dans ce désir mimétique et, si on ne la maîtrise pas, elle peut engendrer de la violence. 

C’est à moi de montrer que même si le mimétisme génère de la rivalité, il peut aussi servir à ce que tout le monde y trouve son compte et grandisse. 

 

Ça va aussi sur un autre domaine, celui de l'empathie, c'est à dire qu'ils sont contents d'avoir pu aider l'autre à développer son projet.

Ils sont contents d'avoir été à l'origine d'une idée qu’ils mutualisent. Ils apportent des réponses de plus en plus pertinentes et de plus en plus rapidement à la question posée.

 

Dans les années 90, des scientifiques italiens ont mis à jour les neurones miroirs. Ce sont ces neurones que l'on a pour la plupart dans le globe frontal et qui gèrent la réciprocité chez l'individu. 

 

Par exemple, si j'arrive le matin en te souriant, tu vas me répondre par un sourire, simplement parce que tes neurones miroirs y répondent. Là, on est dans l'empathie.

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Si on comprend ce mimétisme et que l'on va au-delà de la rivalité, on peut aller vers l'empathie. 

Lorsqu’il y a des conflits en classe, c'est à moi de mettre de la distance et de provoquer des s'explications. On peut finir par s'excuser et puis on continue. Mon dispositif crée un lien social entre eux.

Comment peut-on développer une pédagogie fondée sur le mimétisme alors qu'une œuvre d'art devtrait être unique?

Une œuvre s'inscrit toujours dans une filiation. Elle n'arrive pas comme ça du ciel.

On a dit de Cézanne (qui faisait partie des impressionnistes), qu'il est à l'origine des Modernes. Son travail a inspiré le cubisme chez Picasso.

On peut dire aussi que Picasso a été nourri par l'art africain, c'est donc une autre filiation. On est nourri de toute une culture. 

Un peintre a choisi d’être peintre et il est capable de mener seul une réflexion. Mais ici, nous sommes dans un processus très rapide, le projet doit être bouclé en deux ou trois séances.

La difficulté est de comprendre qu’il y a cette pensée au départ et d’être capable de l’analyser.

Les élèves vont vers la production individuelle. Ils font société à un moment donné parce qu’ils n’ont pas la maturité pour être seuls dans la réflexion.

 

Est-ce qu’ils ont compris ce processus de réflexion et est-ce qu’ils le réinvestissent en dehors de votre cours?

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Il faudrait qu'ils aient une conscience un peu plus accrue de ce qu'ils font. À partir du moment où ils ont conscience, c'est un début de connaissance.

 

Si seulement, à partir des questions que je leur pose, du peintre que je leur montre et des réponses qu'ils apportent, ils arrivaient à un début de connaissance ce serait formidable pour moi. Mais, ils ont 30h d’enseignement par an, 120 h d'art plastiques pendant toute leur vie, ce n'est pas suffisant.

L’apprentissage par le désir mimétique

Le mimétisme à l'écoleHubert Izaute
00:00 / 11:30
géographie culturelle en Vallée du Loir
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