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A Vieux près de Gaillac,  on peut participer aux

Rénions du 13

Au départ du 13, on se demandait comment on vit ici ?

Comment on vit ensemble ?

Comment on s’organise entre voisins pour apprendre à se connaître et fonctionner ensemble ?

Comment tisser et renforcer les liens, augmenter l’entraide, les solidarités entre les différents groupes et individus ?

Avec l’idée qu’on est sûrement plusieurs à se poser les mêmes questions, a faire face aux mêmes problèmes.

Rencontre avec Sébastien

C’est quoi les réunions du 13, comment sont-elles nées ?

L’idée nous est venue, avant le confinement, entre Paul, Christian, David et moi de lancer ce projet.

C'est comme une espèce d'intuition. On se dit qu'on arrive dans une époque où il est important de faire des choses avec ses voisins. Apprendre à se connaître, apprendre à avoir des pratiques ensemble et de faire en sorte d'avoir une autonomie locale.

Les réunions du 13 sont un carrefour d’idées où les gens proposent leurs envies.

Le premier jour, tous les voisins ont été convoqués dans un rayon de 10 km où Vieux serait l’épicentre (regroupant les villages de Castelnau de Montmirail, Le Verdier, Cahuzac, Vaours…etc).

Quand je dis les voisins, je parle des personnes qui ont envie de faire et de partager les choses. On était une cinquantaine ce qui est beaucoup par rapport à la taille de nos villages.

 

La première réunion s’est faite le 13 juin 2020 et pour des raisons d’organisation, on a décidé que ça serait toujours à la même date du mois peut importe le jour de la semaine, de sorte que la date soit retenue et que tout le monde puisse venir un jour en fonction de ses autres activités.

 

On n’avait pas de programme établi. Pour la première réunion on a évoqué des choses qu’on pouvait faire ensemble et il en est sorti pas mal, par exemple :

 

- Les problèmes de l’habitat : comment fait-on pour vivre dans nos régions riches ?

- Les pratiques : c’est au cours de la première réunion qu’on a proposé de faire une vigne collective.

On a aussi fait un chantier dans les jours qui ont suivi, on s’est retrouvé à une quinzaine pour faire une terrasse.

 

A chaque réunions, de nouvelles idées sortent. Il y a eu des propositions de cinéma, des ateliers pour apprendre à utiliser des outils, par exemple une tronçonneuse.

Il y a un côté pédagogique, ceux qui savent montrent à ceux qui ne savent pas. Mais tout le monde ayant une compétence peut se retrouver prof à un moment donné.

 

A part la vigne où on a une cotisation parce qu'on a quand même besoin d'intégrer un peu d'infrastructure, le reste est gratuit.

C'est un système le moins capitaliste possible. On peut faire des choses avec rien.

Comment les réunions du 13 se déroulent ? Qu’est-ce qu’on vient y faire?

 

L’idée est de boycotter internet et de tout faire sans les réseaux sociaux. Quand on doit se voir, on passe juste une annonce par sms ou par oral.

 

Depuis 2020, il y a entre 10 et 20 personnes à venir et parfois plus. Les plus jeunes ont entre vingt, trente ans et le plus vieux à 85 ans.

Les réunions durent deux heures et elles sont établies entre 19h et 21h en mode auberge espagnole. Les gens viennent avec à manger et à boire et à la fin, on partage le repas.

 

A Chaque fois, on met en place une activité qui va se passer durant le mois. La réunion est là pour faire la mise au point, pour les demandes et pour les traiter. On demande "Qui veut faire ci? Qui veut faire ça?" et de manière très informelle. Il n'y a pas de règles établies.

L'idée est de faire des choses sans que ça soit administratif ni contrôlé. Il n'y a pas d'asso. C'est juste un petit SMS pour indiquer l'avant-veille où la réunion va se passer. A chaque fin de réunion on demande qui veut accueillir la prochaine et c'est tout.

On a aussi une gazette qu’on fait épisodiquement. Quand les gens ont des articles qui leur plaisent ou des choses à dire, des annonces à diffuser, on sort une gazette. On a dû en faire une demi douzaine depuis deux ans, avec l’aide d’un sérigraphiste qui fait la mise en page et le tirage.

 

Est-ce que tu connaît le S.E.L (Système d'Echange Local)? C'est un système de troc avec une monnaie virtuelle cela permet que l'échange soit tournant et que ce ne soit pas toujours les mêmes demandeurs et les mêmes offrants.

 

On ne contrôle pas ça. Ceux qui ont besoin demandent et ceux qui peuvent et ont envie viennent aider.

Si tu as quelqu'un qui demande dix fois et qui ne rend jamais, à mon avis à la dixième fois, ça va moins bien marcher pour lui.

 

Tu penses que c'est grâce au fait qu'il n'y ait pas de formalité que les réunions du 13 fonctionnent et se maintiennent dans le temps?

 

Oui, je pense que ça y contribue.

Tu peux venir à la réunion sans participer aux chantiers et tu peux également faire des chantiers sans venir à la réunion. Quand on propose quelque chose, ne viennent que les personnes intéressées. L'idée n'est pas de généraliser.

 

Il y avait déjà des activités collectives dans les villages et sans formalités. On le voit avec le petit marché de Vieux, les personnes se retrouvent aussi pour manger ensemble et faire de la musique...

Le marché est né la même année que les réunions du 13. A la première, tous les maraîchers étaient là, mais je pense que l’idée de faire un marché était déjà pensée et réfléchie et il s'avère que c'est arrivé à peu près en même temps.


 

Le périmètre est de 10 km, c'est la bonne dimension, pour que les échanges puissent fonctionner?

 

Oui, pour pouvoir faire des réunions mensuelles c'est bien d'être à proximité.

A 5 km à la ronde, il y a pas mal de colocs. En fait les gens qui viennent sont surtout des gens qui habitent en colocation, des maraîchers, des non salariés. Il n'y a pas beaucoup de salariés qui viennent, "ils ont toujours poney"...

Les idées collectives émanent souvent des personnes qui vivent déjà en collectif et la plupart des gens qui ne sont pas salariés ont besoin, voir envie seulement, de faire des choses qui sont de l'ordre du gratuit.

Pendant le Covid, on a quand même maintenu les réunions et c'était chouette parce qu'il y avait des gens qui se sont retrouvés enfermés. Ça leur a fait du bien de pouvoir parler et de voir des gens.


 

Qu'est-ce que vous avez fait depuis cette première du 13 Juin 2020?

 

Il y a eu l'idée d'un jardin partagé de plein champ et d'un groupe d'achat, mais ça n'a pas beaucoup percé parce que c'est une manière un peu plus formelle et ici chacun a son jardin. Des groupes étaient déjà constitués qui achetaient de la viande, des pommes de terre, de l'huile... On propose à ceux qui n’en font pas partie d'intégrer les groupements d’achats existants.

On a contacté l'ONF de la Grésine pour acheter une coupe et normalement cette année, on devrait en obtenir une et faire du bois ensemble.

On a aussi refait une toiture à dix-sept personnes pour une copine. Elle a d'abord fait un devis, il était de 25 000 € et au final elle en a eu seulement pour 3000 €.

 

On a également fait un enclos pour mettre des brebis et l'idée est de faire un méchoui de temps en temps.

Au final, tu te rends compte qu'on est tellement gâtés de manière naturelle, sans avoir de besoins ou d'envies...

 

Même si on a quand même fait un pasteurisateur à bois. C'est génial pour faire le jus de raisin.

L'an dernier on l'a fait faire. on a emmené notre jus, ils l'ont pasteurisé et ils l'ont mis en bouteille. Ça valait 1€30 la bouteille.

Alors que cette année, on a acheté les bouteilles à 0.50 centimes et on a dépensé pour 150€ de matériel de construction pour le pasteurisateur. On a fait 400 litres de jus. L'investissement est amortis.

L’anniversaire du 13

 

A la première réunion on était une cinquantaine et comme ça fait un peu plus de deux ans qu’on existe, tous les ans on fête l’anniversaire, on propose une journée complète.

 

Pour l'an 01, on a fait une gratiféria. Les gens qui voulaient ramenaient des affaires, notamment des fringues. Il y en a un qui a ramené des canards vivants... personne n'est reparti avec...

Un copain est venu avec plein de jeux en bois qu’il a fabriqué, on a fait des fusées à air comprimé. On a aussi fait un atelier de sérigraphie et on a fabriqué des tampons.

 

Quand on fait des fêtes, on a toujours une caisse de solidarité pour l'Antre-deux.

L'Antre deux est une maison de solidarité que des copines ont acheté à Gaillac où elles accueillent des migrants mineurs.

Quand on fait le vin aussi, on garde toujours une part des bénéfices de la vente pour eux.