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Naître, grandir et s'épanouir à Pontvallain

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Quelques inspecteurs de l’académie se demandaient pourquoi les jeunes ici, n’avaient pas d’ambitions parce qu’ils restent sur leur territoire, mais il n’y a pas de meilleure ambition que de vouloir reprendre l’entreprise familiale, aller à la chasse ou couper du bois avec les copains d’enfance.

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Hubert Izaute
Partie 1

Hubert Izaute est professeur d'arts plastiques au Collège Jacques Prévert de Pontvallain. Il nous exprime tout d'abord sa vision du village à son arrivée en 1986  et son évolution mais aussi le rayonnement qu'occupe le collège sur son bassin de vie.

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Vivre et enseigner à Pontvallain

Êtes-vous originaire de la Sarthe et comment êtes-vous commencé à enseigner à Pontvallain ?

Je suis né au Mans avec des parents « nomades ». Mes parents étaient rentrés du Maroc. Après une pause à Bayonne, puis au Mans, nous sommes partis quatre ans en Guadeloupe.

De retour en France, nous avons habité en région parisienne, pour ensuite, vivre à Lyon.

 

Après le bac, j’ai commencé par faire des petits boulots avant de m’inscrire à la fac d’arts plastiques d’Aix en Provence. J’ai fait toute ma scolarité à la fac d’Aix, ça a été l’adéquation totale entre mes envies et ce que j’apprenais. J’ai eu le concours d’enseignant et j’ai fait mon année de stage à Martigues avant d’arriver au collège de Pontvallain où je suis resté toute ma carrière.

 

Toucher du doigt l’autonomie

Pourquoi êtes-vous resté à Pontvallain ?

 

Je ne voulais pas rester à Pontvallain, mais retourner sur Aix.

J’ai demandé les académies du Sud pendant sept ans, sans succès. En 1993, nous avons commencé à chercher une maison. Nous nous sentions bien ici et j’avais été bien accueilli par l’équipe du collège.

On commençait à se lier.

 

Je voulais un grand terrain pour « toucher du doigt l’autonomie » avec un bois, le puits, le jardin, le verger. C’était un rêve illusoire bien sûr, car l’autonomie est impossible, ni même souhaitable.

 

 

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Pouvez-vous nous décrire Pontvallain à votre arrivée et son évolution ?

Quand je suis arrivé, il y avait beaucoup de maisons à vendre et qui ne se vendaient pas. Par la suite, beaucoup de maisons se sont construites avec l’arrivée de nouvelles personnes.

On habitait un appartement dans l’ancienne gendarmerie. La fanfare municipale s’entraînait dans la grande rue.

 

Ce n’était pas un village animé.

On ne peut pas dire que c’était vraiment une zone rurale. J’avais quelques fils et filles de paysans, mais très peu. Il y en avait peut-être un ou deux par classe, mais guère plus et il y en a encore moins aujourd’hui.

Les habitants du canton travaillent surtout au Mans et dans la zone d’Arnage.

 

Par la suite, les activités locales se sont développées. À Pontvallain, il y a un tissu économique qui est très familial, avec beaucoup d’artisans.

Cette implantation est parfois l’avenir de nos élèves parce qu’ils peuvent se dirent :

- « Papa, tata, mon cousin a une place ici pour moi dans l’entreprise. »

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Quelques inspecteurs de l’académie se demandaient pourquoi les jeunes ici, n’avaient pas d’ambitions parce qu’ils restent sur leur territoire, mais il n’y a pas de meilleure ambition que de vouloir reprendre l’entreprise familiale, aller à la chasse ou couper du bois avec les copains d’enfance.

 

Aujourd’hui, Pontvallain est un peu plus vivant que les villages dortoirs. Il y a un noyau de familles implantées dans le village et des commerces.

Beaucoup de familles se sont installées en fonction de la fluctuation du prix de l’essence. Cela coûte toujours moins cher de prendre la voiture pour aller travailler en ville. Certains enseignants se sont aussi implantés localement.

Faire société au collège

A quoi ressemblait le collège à votre arrivée ?

On avait plus de 700 élèves (contre un peu plus de 300 aujourd’hui) et des salles scan construites en plus en plus des bâtiments actuels.

 

Peu connu de l’extérieur, la radio du collège a fait beaucoup. C’était l’explosion des radios libres en 1981. Sa création a suscité des polémiques au sein de l’équipe pédagogique. Pour les profs « Ce n’était pas au collège de faire de la radio ».

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Il y avait à mon arrivée du théâtre, une pièce était jouée chaque année, la classe de neige et l’organisation du loto pour payer les voyages.

Le loto permet de créer du lien entre le collège et les habitants. Les gens viennent, les professeurs organisent la soirée. Ils vendent les cartes. Sur le plan social, le loto joue un rôle énorme.

 

Un rapprochement étroit entre les enseignants du premier et du second degré.

Des liens se sont créés entre le collège, les instits de Pontvallain et des villages alentour. Chaque année, les élèves de CM2 viennent visiter le collège. Il y a une liaison entre les CM2 et les 6eme.

 

Janick Goosz par exemple, était institutrice à l’école maternelle de Pontvallain; elle avait mes enfants à l’école et moi, j’avais les siens au collège (dont Yaël, aujourd'hui journaliste à France Inter). Ce sont les collèges de technologie, Yves Tribaleau et Gérard Gerlot, avec Philippe Spiegel en français et Louis Dramet en math qui ont créé Radio Prévert.

 

Le lien était donc fort entre les instits et les professeurs.

 

Une sensibilisation à l’environnement 

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Le jardin sensoriel de la classe Ulis

Jacqueline, la professeur des élèves de la classe Ulis a mis en place le jardin sensoriel. Il se situe derrière leur salle de cours. Il a été créé avant le covid et il a été pensé dès l’ouverture de la classe Ulis.

 

Il a été réalisé en collaboration avec la professeure de musique et moi-même. Jacqueline a voulu que cet espace soit réservé aux élèves de la classe Ulis. On voulait s’approprier une partie du terrain. Dessus, il restait un fil à linge avec deux poteaux. On a organisé un parcours avec des cadres en bois, des copeaux, du gravier, des pavés pour qu’ils ressentent les matières. Les élèves montent des marches et ils arrivent au fil à linge qui est comme une portée musicale. Les poteaux sont peints en bleu. On a planté des romarins, de la lavande. Les élèves ont planté des fleurs et des pieds de tomates.

 

Ne connaissant pas le public des Ulis, on était toujours en discussion avec Jacqueline sur ce que je pouvais leur apporter. Les élèves fabriquent avec moi des insectes en perles.

 

Il y a donc une sorte de parentalité avec le jardin des Ulis et celui qui est géré par les éco-délégués et Madame Bouteiller, la professeure de biologie.

 

 

Qui lance les projets au collège, les élèves ou l’équipe pédagogique ?

 

Ce sont presque toujours les enseignants. Le Conseil de la Vie Collégienne a été mis en place par les C.P.E. pour que les élèves proposent des projets.

Il peut y avoir quelques propositions de la part des élèves comme celle des 3e pour la création d’un foyer, mais ce sont les professeurs qui impulsent les projets.

La fresque dans le réfectoire par exemple a été réalisée par les élèves dans le cadre de l’atelier de pratiques artistiques et animée par moi-même.

Un adulte est là pour une activité même s’il n’a pas la même casquette que lorsqu’il est prof d’arts plastiques, de techno ou de maths…

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